
Je me réveille souvent avec un nœud de colère dans la gorge. Je m’efforce d’avancer, de regarder vers l’avant, même si pendant longtemps, j’ai préféré rester dans le déni, l’idée de regarder la vérité en face me paraissait bien trop douloureuse. Je ne peux m’arrêter de penser que la vie est injuste, qu’elle n’a aucun sens, j’en veux à l’univers de m’avoir pris ceux qui m’étaient chers, maman, Naila, Flora. Je n’arrive pas à saisir le sens de tout ça, pourquoi je suis condamné à être celui qui reste, qui doit continuer sans ceux qu’il aime. Peut-être que depuis le début, c’est moi le problème. Anita a préféré s’enterrer dans la drogue ou l’alcool plutôt que de me voir grandir, ne répondait jamais quand je lui suppliais de revenir, et puis plus tard, Naila m’a complètement rejeté quand j’ai voulu prendre soin d’elle. Le comble serait qu’un jour, Ivy aussi, décide de fuir.
Loïc
